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Compétences infirmières : une évolution du statut sans évolution salariale

Depuis fin 2025, la profession infirmière connaît une évolution majeure de son cadre juridique. Les textes publiés reconnaissent officiellement des missions déjà exercées depuis des années : consultation infirmière, raisonnement clinique, prévention renforcée, suivi des patients, vaccinations et prescriptions ciblées dans un cadre défini.
Compétences infirmières : une évolution du statut sans évolution salariale

Une reconnaissance du réel pour pallier le manque de médecins

Sur le terrain, les infirmières assument depuis longtemps un rôle central dans la continuité des soins, notamment face à la pénurie médicale, aux déserts de soins et à la surcharge des services.
La réforme ne crée pas de nouvelles pratiques : elle légalise et sécurise ce qui existait déjà, afin de garantir l’accès aux soins pour les patients.

Pour la CFE-CGC SMS, il s’agit avant tout d’un ajustement nécessaire du système de santé, qui repose largement sur l’engagement des professionnels infirmiers.

Des responsabilités accrues… sans revalorisation salariale

Si le statut évolue, les salaires, eux, n’ont pas suivi.
Aucune revalorisation automatique n’est prévue dans les grilles, que ce soit dans le public ou le privé, y compris dans le secteur sanitaire, social et médico-social.

Plus d’autonomie, plus de responsabilités, plus d’exposition juridique…
Mais toujours pas de reconnaissance financière à la hauteur.

La CFE-CGC SMS rappelle un principe simple :
l’extension des compétences doit s’accompagner d’une reconnaissance statutaire et salariale.

Une formation encore en décalage avec les nouvelles missions

Si le cadre juridique a évolué, la formation infirmière n’est pas encore totalement adaptée à l’élargissement des compétences. La révision du cursus initial et de la formation continue est annoncée, mais sa mise en œuvre reste progressive en 2026.

Cette situation crée un décalage préoccupant :
des responsabilités accrues, sans formation systématiquement renforcée ni homogène sur l’ensemble du territoire.

Pour la CFE-CGC SMS, l’évolution des missions doit impérativement s’accompagner :

  • d’une formation initiale adaptée,
  • d’un accès effectif à la formation continue,
  • et d’un temps de formation reconnu comme temps de travail.

Sans cela, le risque est réel de faire peser sur les infirmières une charge supplémentaire, sans les moyens nécessaires pour exercer leurs nouvelles compétences en sécurité, tant pour les professionnels que pour les patients.

Encadrement des étudiants : une charge de travail à reconnaître 

L’évolution des compétences infirmières pose également la question de l’encadrement des étudiants en stage, qui repose très largement sur les infirmières et les cadres de proximité.

Encadrer, former, évaluer et sécuriser les pratiques des étudiants représente :

  • un supplément de charge de travail réel,
  • une responsabilité pédagogique et professionnelle accrue,
  • un impact direct sur l’organisation des soins et des équipes.

Pourtant, cette mission essentielle reste insuffisamment reconnue, tant sur le plan salarial que organisationnel.

Responsabilité juridique : un point de vigilance

Avec l’élargissement des missions, la question de la responsabilité professionnelle reste un enjeu central. Les employeurs doivent garantir une couverture assurantielle claire et adaptée, afin que les infirmières n’assument pas seules les risques liés à cette évolution.

Position CFE-CGC SMS

La CFE-CGC SMS soutient la reconnaissance du rôle infirmier, mais reste mobilisée pour :

  • une revalorisation salariale effective,
  • des garanties juridiques claires,
  • et une évolution des métiers qui ne se fasse pas au détriment des professionnels.

Reconnaître, ce n’est pas seulement élargir les missions.
Reconnaître, c’est aussi protéger et rémunérer.

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