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Ramsay Santé : un tournant décisif pour le leader de l’hospitalisation privée

La redistribution des actions de Ramsay Santé marque un désengagement stratégique de son actionnaire majoritaire et soulève des incertitudes sur l’avenir du modèle économique et social du secteur privé de santé.
Ramsay Santé : un tournant décisif pour le leader de l’hospitalisation privée

Analyse de la situation de Ramsay Santé

L’année dernière, Natalie Davis est devenue la nouvelle directrice générale de Ramsay Health Care. Elle a pris ses fonctions en octobre 2024. À son arrivée, elle a immédiatement demandé la réalisation d’un audit du groupe, en particulier de sa branche européenne, en collaboration avec Goldman Sachs.

Cet audit financier avait pour objectif d’évaluer les différentes options stratégiques possibles. De manière générale, ce type de démarche dans un grand groupe signifie qu’une activité est jugée moins performante et qu’il faut envisager des évolutions.

Le projet envisagé : une redistribution des actions

À l’issue de cet audit, Goldman Sachs a proposé plusieurs scénarios, en fonction de l’évolution des marchés financiers. La solution retenue par Natalie Davis — qui doit encore être validée par le conseil d’administration de Ramsay Health Care en Australie — consiste à redistribuer les actions détenues en Europe.

Concrètement, Ramsay Health Care possède 53 % de Ramsay Santé. L’idée est de distribuer ces actions aux actionnaires actuels de Ramsay Health Care. Par exemple, un actionnaire possédant deux actions du groupe australien recevrait deux actions de Ramsay Santé, gratuitement.

Bien que cette décision doive encore être validée, il est peu probable que les actionnaires s’y opposent, puisqu’ils recevraient des actions sans contrepartie. Même si la valeur de l’action pourrait baisser après la distribution, cela reste globalement avantageux pour eux.

Structure actuelle et future de l’actionnariat

Aujourd’hui, Ramsay Santé est détenue :

· à 53 % par Ramsay Health Care

· à 40 % par le Crédit Agricole

· le reste étant réparti entre des actionnaires minoritaires

Si le projet aboutit, la répartition évoluerait, mais certains équilibres resteraient :

· le Crédit Agricole conserverait ses 40 %

· la Fondation Paul Ramsay, qui détient environ 12 % de Ramsay Health Care, conserverait indirectement une part significative

Ainsi, deux actionnaires majeurs resteraient en place, assurant une certaine stabilité dans la gouvernance.

Les scénarios possibles

Plusieurs scénarios peuvent être envisagés :

1. Statu quo

Les actions sont distribuées et les actionnaires les conservent. Ramsay Santé devient alors une entité plus indépendante, dirigée par Pascal Roché, avec une structure d’actionnariat relativement stable.

2. Arrivée d’investisseurs

Des fonds d’investissement pourraient profiter de la baisse du cours pour racheter des actions à bas prix. Il est également envisageable que des acteurs internes, comme les médecins du groupe, se regroupent pour racheter une partie du capital.

3. Revente des actions par les actionnaires

Les nouveaux actionnaires pourraient souhaiter vendre leurs titres. Toutefois, dans ce contexte, la vente ne pourra se faire que s’il existe des acheteurs en face.

4. Scénario plus agressif

Un investisseur pourrait chercher à restructurer fortement le groupe en ne conservant que les activités rentables (ophtalmologie, orthopédie, etc.) et en fermant les autres établissements.

Cependant, ce scénario reste peu probable, car la fermeture de certains établissements essentiels entraînerait probablement une forte réaction des pouvoirs publics.

Un impact limité à court terme

Dans les faits, cette opération ne devrait pas modifier profondément le fonctionnement quotidien de Ramsay Santé. Le groupe disposait déjà :

· de sa propre dette

· de ses propres décisions d’investissement

· d’une autonomie opérationnelle importante

Par ailleurs, Ramsay Health Care a déjà largement tiré parti des pratiques françaises (optimisation des coûts, externalisation, centrales d’achat), ce qui peut expliquer son désengagement actuel.

Un contexte structurel difficile

Le véritable enjeu dépasse cette opération financière. Le secteur de la santé privée en France traverse une crise structurelle :

· de nombreux établissements sont déficitaires

· les niveaux de rémunération ne couvrent pas les coûts réels

Ainsi, quel que soit l’actionnaire, le problème de fond demeure : l’activité n’est pas suffisamment rentable dans le cadre actuel.

Conclusion

En définitive, la redistribution des actions de Ramsay Santé constitue un événement important, mais ses conséquences opérationnelles devraient rester limitées à court terme.

L’enjeu majeur reste la viabilité économique du secteur de la santé privée en France. Sans évolution du modèle de financement, des transformations importantes sont inévitables, indépendamment de l’identité des actionnaires.

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« Pour le secteur français, c’est un risque systémique » : lâché par son actionnaire, Ramsay santé plonge dans l’inconnu : https://www.lefigaro.fr/economie/pour-le-secteur-francais-c-est-un-risque-systemique-lache-par-son-actionnaire-ramsay-sante-plonge-dans-l-inconnu-20260225

Le groupe australien actionnaire majoritaire de Ramsay Santé compte se retirer fin 2026 :

https://www.hospimedia.fr/actualite/articles/20260220-economie-le-groupe-australien-actionnaire-majoritaire-de-ramsay

Ramsay Santé se prépare à ouvrir « un nouveau chapitre » et travaille son projet 2026-2030 :

https://www.hospimedia.fr/actualite/articles/20260226-economie-ramsay-sante-se-prepare-a-ouvrir-un

Mathieu WATREMEZ, Représentant Syndical CFE-CGC au Comité de groupe Ramsay Santé

 

 

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