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EHPAD rebaptisés « Maisons France Autonomie » : une réforme d’image

Les EPHAD changement d’appellation : la position de la CFE‑CGC SMS 
EHPAD rebaptisés « Maisons France Autonomie » : une réforme d’image

En avril 2026, le gouvernement a annoncé la disparition progressive du terme EHPAD au profit de l’appellation « Maisons France Autonomie », avec une mise en œuvre prévue à partir de 2027.

Cette décision s’inscrit dans un contexte de crise de confiance durable, marqué par :

  • les scandales ayant touché le secteur (affaire Orpea),
  • la dégradation des conditions de travail,
  • la hausse continue du reste à charge pour les familles.

 L’objectif affiché est de rompre avec l’image négative des EHPAD et de promouvoir une vision plus positive du vieillissement, centrée sur l’autonomie.

Des objectifs politiques ambitieux… mais fragiles

Le gouvernement met en avant plusieurs intentions :

  • Changer le regard sur le grand âge, en parlant d’autonomie plutôt que de dépendance
  • Moderniser l’image des établissements médico‑sociaux
  • Renforcer l’accueil temporaire, avec 50 000 places annoncées d’ici 2030
  • S’inscrire dans la loi “Bien vieillir” (2024), qui a renforcé les droits des résidents

Toutefois, aucun financement nouveau n’a été annoncé pour accompagner ce changement.

Nouvelles obligations pour les établissements

Pour obtenir le label « Maisons France Autonomie », les établissements devront notamment :

Développer l’accueil temporaire

Présenté comme un outil de soutien aux aidants, mais encore très inégalement réparti sur le territoire.

 Appliquer les droits existants

Visites sans restriction, respect de la vie privée, accueil des animaux de compagnie, déjà prévus par la loi de 2024.

Se soumettre à de nouveaux critères d’évaluation

Ces critères définitifs sont attendus pour septembre 2026.

Problème majeur : ces obligations supplémentaires s’imposent sans renfort budgétaire ni humain.

Les alertes de la CFE‑CGC SMS

La CFE‑CGC SMS adopte une position clairement critique et vigilante.

Un changement de nom sans réforme structurelle

Renommer les EPHAD ne modifiera ni :

  • les ratios soignants/résidents,
  • la pénurie de personnels,
  • le reste à charge supporté par les familles.

Une réforme avant tout communicationnelle

Sans moyens, le nouveau label risque d’être un habillage sémantique, voire une forme de social washing.

Des inégalités territoriales renforcées

L’accueil temporaire reste concentré dans certaines zones urbaines, au détriment des territoires ruraux ou sous-dotés.

Les revendications de la CFE‑CGC SMS

La CFE‑CGC SMS appelle le gouvernement à changer de méthode et de priorités :

Renforcer les effectifs

Des ratios encadrants opposables sont indispensables pour une prise en charge digne.

Allouer un budget dédié

La qualité des soins et la sécurité des résidents passent par :

  • des financements pérennes,
  • une revalorisation des métiers,
  • une meilleure formation des encadrants.

Associer les professionnels

Les critères du futur label doivent être co‑construits avec les équipes de terrain et les organisations syndicales.

Conclusion : une réforme symbolique qui doit devenir concrète

Pour la CFE‑CGC SMS, le passage des EHPAD aux Maisons France Autonomie ne sera crédible qu’à une condition :
des moyens, des effectifs et des garanties pour les résidents comme pour les professionnels.

Sans cela, cette réforme restera un simple changement de façade, sans impact réel sur :

  • la qualité de l’accompagnement,
  • les conditions de travail,
  • ni la confiance des familles.

Septembre 2026 constituera une étape déterminante, avec la publication des critères définitifs du label.

La CFE‑CGC SMS appelle l’ensemble des acteurs à un temps de réflexion collective exigeant, afin que cette réforme débouche sur de véritables évolutions pour le secteur médico‑social, tout en se réservant la possibilité d’engager une mobilisation collective si les réponses apportées s’avéraient insuffisantes.

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