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Conférence salariale 2026 : les cadres du secteur sanitaire et social toujours oubliés

La conférence salariale du 18 février 2026 organisée par la Direction générale de la Cohésion sociale (DGCS) confirme un constat désormais partagé par l’ensemble des acteurs du secteur sanitaire, social et médico-social : la crise d’attractivité perdure et les réponses apportées restent insuffisantes.
Conférence salariale 2026 : les cadres du secteur sanitaire et social toujours oubliés

Conférence salariale du 18 février 2026 : un secteur toujours en crise

Malgré quelques avancées annoncées, les professionnels du secteur – et particulièrement les cadres – continuent de subir un décrochage salarial et une dégradation des conditions de travail.

Pour la CFE-CGC Santé Social, cette situation est devenue structurelle et dangereuse pour l’avenir du secteur.

Un constat alarmant partagé par tous les acteurs

La DGCS reconnaît elle-même plusieurs signaux préoccupants :

  • une crise persistante d’attractivité des métiers
  • une augmentation de la sinistralité (accidents du travail et maladies professionnelles)
  • des difficultés croissantes de recrutement et de fidélisation

Certaines mesures ont été rappelées pour 2025 :

  • compensation de 85 millions d’euros versée par la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie aux départements
  • signature d’accords de prévoyance dans plusieurs branches
  • revalorisation dans l’aide à domicile avec l’avenant 70 (+115 € brut)

Mais ces mesures restent fragmentées et largement insuffisantes face à l’ampleur de la crise.

Des salariés toujours moins bien payés que dans les autres secteurs

Les organisations syndicales ont rappelé une réalité préoccupante :

les salaires du secteur privé non lucratif restent en moyenne 25 % inférieurs à ceux des autres secteurs pour des diplômes équivalents.

Depuis plusieurs années, la politique salariale est quasiment à l’arrêt, ce qui accentue :

  • les difficultés de recrutement
  • le départ des professionnels vers d’autres secteurs
  • l’épuisement des équipes en place

Dans ce contexte, plusieurs organisations syndicales ont exprimé une forte défiance envers les pouvoirs publics, estimant ne plus attendre de réponses concrètes de ces conférences salariales.

Les employeurs alertent sur la fragilité du modèle associatif

Le regroupement d’employeurs Axess, qui représente notamment les conventions collectives du secteur sanitaire, social et médico-social privé non lucratif, a exprimé une inquiétude majeure sur l’avenir du secteur.

Les employeurs demandent notamment :

  • un plan pluriannuel de financement pour la future Convention Collective Unique Étendue (CCUE)
  • l’alignement salarial avec le secteur public
  • la pérennisation du financement du Ségur
  • une indexation des financements sur l’inflation
  • une présence des employeurs dans la conférence des financeurs

Sans financement durable, ils alertent sur un risque réel de déstabilisation du secteur associatif.

Des annonces gouvernementales encore trop limitées

Pour 2026, les annonces de la DGCS restent principalement méthodologiques.

Parmi les mesures évoquées :

  • GVT fixé à 0,9 % en 2026 (contre 0,76 % en 2025)
  • engagement de construire une trajectoire financière pour la CCUE
  • soutien à l’organisme de prévention des risques professionnels du secteur
  • anticipation de la convergence entre certaines conventions collectives

Ces annonces restent cependant loin de répondre à l’urgence salariale et sociale du secteur.

La position de la CFE-CGC Santé Social : les cadres oubliés du secteur

Pour la CFE-CGC Santé Social, cette conférence confirme une réalité préoccupante :

les cadres du secteur sanitaire, social et médico-social sont les grands oubliés des politiques de revalorisation.

Pourtant, ils jouent un rôle essentiel :

  • pilotage des équipes
  • organisation des soins et des accompagnements
  • gestion des crises et des tensions sociales
  • garantie de la qualité des services

Malgré ces responsabilités croissantes, les cadres subissent :

  • des grilles salariales gelées depuis plusieurs années
  • un décrochage salarial avec le secteur public
  • une invisibilisation dans les négociations salariales

Cette situation crée une double peine pour l’encadrement.

Revaloriser les cadres : une condition pour sauver le secteur

La CFE-CGC SMS considère que plusieurs mesures sont désormais indispensables :

Revaloriser les grilles salariales

Les cadres doivent bénéficier :

  • d’une revalorisation immédiate
  • d’une indexation des salaires sur l’inflation
  • d’un alignement progressif avec le secteur public

Pérenniser les financements

La pérennisation du Ségur et la compensation des écarts salariaux doivent inclure l’encadrement.

Renforcer la gouvernance du secteur

Les syndicats et les employeurs doivent être pleinement associés aux décisions, notamment dans :

  • les conférences de financement
  • les orientations stratégiques du secteur

Pour la CFE-CGC SMS : des états généraux du secteur deviennent indispensables

Face à l’ampleur de la crise, la CFE-CGC SMS appelle à l’organisation d’états généraux du secteur sanitaire, social et médico-social, avec un volet spécifique consacré à la situation de l’encadrement.

L’objectif est clair :

  • reconnaître le rôle central des cadres
  • reconstruire une politique salariale cohérente
  • restaurer l’attractivité du secteur

Pour la CFE-CGC SMS, le message est clair :

Sans décisions politiques fortes et financements à la hauteur des enjeux, le secteur risque de perdre durablement ses talents et son expertise.

« Les cadres ne sont pas une variable d’ajustement. Ils sont un pilier essentiel de nos structures et de l’avenir du secteur sanitaire, social et médico-social. »

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