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“Laissez-nous agir ? Oui, mais avec les moyens et des garanties pour les professionnels !”

La FEHAP vient de publier son manifeste 2026‑2031 sous un slogan volontaire « Laissez-nous agir ». Ce texte pose des constats lucides et avance des propositions structurantes pour l’avenir de notre système de santé et de solidarité. Mais au‑delà de l’effet d’annonce, une réalité doit être clairement affirmée : ce que la FEHAP exprime aujourd’hui, la CFE‑CGC Santé‑Social le dénonce et alerte depuis des années.
“Laissez-nous agir ? Oui, mais avec les moyens et des garanties pour les professionnels !”

Un diagnostic enfin partagé

Instabilité des politiques publiques, empilement des normes, cloisonnement des dispositifs, absence de visibilité financière…

Le diagnostic dressé par la FEHAP est sans appel.

Pour les professionnels que nous représentons, ces constats ne sont pas nouveaux :

  • ils vivent au quotidien les incohérences du système,
  • ils subissent des injonctions contradictoires,
  • ils compensent, souvent seuls, les défaillances organisationnelles.

La véritable nouveauté, c’est que les employeurs reconnaissent désormais publiquement ces dysfonctionnements.

Nous prenons acte de cette convergence.
Elle est nécessaire. Elle était attendue.

Autonomie : une exigence, pas un alibi

La FEHAP revendique davantage d’autonomie pour les acteurs de terrain.
Sur le principe, la CFE‑CGC SMS partage cette ambition.

Oui, les établissements et les équipes doivent pouvoir :

  • adapter leurs organisations,
  • innover,
  • répondre aux réalités locales.

Mais nous le disons avec force :
l’autonomie ne peut pas devenir le nouveau visage du désengagement de l’État.
Elle ne peut pas non plus servir d’alibi à une mise en concurrence des établissements et des professionnels, notamment à travers une autonomie dérégulée en matière salariale ou de formation.

Sans cadre clair, sans financements pérennes, sans régulation nationale,
l’autonomie devient un transfert de contraintes et de risques.

Pour la CFE‑CGC SMS, l’autonomie doit être :

  • encadrée,
  • financée,
  • évaluée,
  • et protectrice pour les professionnels comme pour les usagers (formations, ratios encadrement/soignés, moyens humains garantis).

Des propositions qui vont dans le bon sens… sous conditions

La feuille de route de la FEHAP contient des orientations que nous soutenons :

Territorialisation des réponses
Décloisonnement des secteurs sanitaire, social et médico‑social
Contractualisation avec visibilité pluriannuelle
Meilleure prise en compte des parcours des usagers

Ces évolutions sont indispensables.

Mais elles ne pourront réussir qu’à une condition : mettre fin à la logique de réformes sans moyens.

La question centrale : les professionnels, toujours les oubliés ?

La FEHAP reconnaît enfin un point majeur :
la crise d’attractivité et la nécessité de revaloriser les métiers.

C’est un signal important, mais il reste largement insuffisant,car la réalité est connue de tous :

  • pénurie de personnels,
  • épuisement généralisé des équipes,
  • perte d’attractivité durable,
  • décrochage salarial persistant.

Depuis des années, la CFE‑CGC SMS alerte sur cette situation.
Aujourd’hui, elle est reconnue par tous.
Demain, elle devra être traitée concrètement.

Or, la FEHAP elle-même pointe les incertitudes sur le financement des revalorisations, notamment dans le cadre de la CCUE.

Et surtout, un constat s’impose :
 l’absence historique de revendications salariales fortes de la FEHAP auprès des pouvoirs publics dans le cadre de la CC51 a contribué à la situation actuelle de paupérisation et de smicardisation des salariés.

Pendant ce temps :

  • les professionnels ont vu leur pouvoir d’achat s’éroder,
  • les métiers se dévaloriser,
  • et l’encadrement, en particulier, être exclu des politiques de revalorisation salariale.

Nous le disons clairement :
 sans réponses salariales fortes, il n’y aura ni attractivité, ni stabilité, ni qualité durable des prises en charge.

Les négociations dans le cadre de la CC51 doivent reprendre rapidement.
Il en va de la crédibilité même de la FEHAP.

Passer des intentions aux engagements

Le manifeste FEHAP marque une évolution, il traduit une prise de conscience, mais le temps des constats est révolu.

Ce que les professionnels attendent aujourd’hui :

  • des décisions concrètes,
  • des financements sécurisés,
  • une reconnaissance réelle des responsabilités,
  • et des perspectives de carrière dignes.

Notre exigence : un pacte clair pour l’avenir

La CFE‑CGC SMS appelle à un véritable pacte entre :

  • l’État,
  • les employeurs,
  • et les représentants des professionnels.

Un pacte fondé sur :

  • la confiance,
  • la responsabilité,
  • mais surtout les moyens.

Parce que derrière chaque réforme, il y a une réalité simple :
sans les professionnels, aucun système de santé ne tient.

Conclusion

Oui, il faut « laisser agir ».
Mais il faut surtout donner les moyens d’agir.

La CFE‑CGC SMS restera pleinement mobilisée pour que cette feuille de route ne soit pas une déclaration de plus, mais bien le point de départ : d’une transformation réelle, financée, équitable et durable du système de santé et de solidarité.

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